La filière Développement durable intègre de plus en plus les écoles d’ingénieur en France. Dernière nouveauté 2019 : l’ITEEM, l’une des 3 écoles de Centrale Lille, qui ouvre un cursus dédié à ce domaine. Décryptage.

Un parcours thématique en Développement durable

Si vous souhaitez étudier en France et que le Développement durable vous intéresse, sachez que l’ITEEM, l’une des écoles d’ingénieurs de Centrale Lille, ouvre un nouveau cursus de spécialisation en ce domaine prometteur. ITEEM est issue d’un partenariat entre SKEMA Business School et Centrale Lille. Elle présente la particularité de former des ingénieurs managers entrepreneurs au profil transversal et pluridisciplinaire. Maintenant, concernant le cursus, il s’agit d’un parcours en 5ème année de 256 heures dédié au développement durable. Il est l’un des trois nouveaux parcours thématiques créés dans le cadre de la réforme des 2 dernières années du cycle, les deux autres parcours étant dédiés l’un à l’innovation industrielle, et l’autre à l’innovation et la transformation digitale. Le parcours “Développement durable” a pour objectif de donner aux élèves des compétences supplémentaires en sciences de l’ingénieur, ainsi qu’un maximum de clés et d’éléments d’analyse pour qu’ils puissent penser et anticiper les impacts environnementaux et climatiques de projets qu’ils seront amenés à manager au sein d’une entreprise ou dans un projet entrepreneurial. Ce parcours répond aussi aux besoins en compétences exprimés par les entreprises et industriels partenaires de l’ITEEM qui ont été impliqués dans sa conception.

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Le contenu des enseignements en Développement durable

Le parcours « Développement durable » comprend 8 enseignements pluridisciplinaires de 32h chacun :

Un module introductif de compréhension des enjeux

Un module “Projet : et maintenant, vous faites quoi ?”, fil rouge de ce parcours, qui après avoir mis les élèves face à l’existant et à ses limites, les met en situation dans l’élaboration concrète des stratégies de transformation, d’adaptation et de changement.

6 modules thématiques :

Eco-conception et Analyse du cycle de vie (module axé sur les équipements électriques et électroniques)

Analyses des flux de matières (des matières premières au recyclage en passant par la biomasse et le bilan carbone)

Conception durable (mécanique et matériaux)

Transition énergétique (focus sur les enjeux de l’électricité en Europe, production par énergie renouvelable et stockage)

Production photovoltaïque (analyse de la chaîne de valeur complète, de la production de la cellule à l’injection d’électricité dans le réseau)

Aménagement du territoire, mené avec le support du CERDD-Centre ressource du développement durable (urbanisme, mobilité, biodiversité, etc.)

Un mix de théorie et de pratique

Chaque module mixe des enseignements théoriques dispensés par les enseignants-chercheurs de Centrale Lille, des visites de sites et des interventions de professionnels. Ainsi, sur la transition énergétique, les étudiants iront visiter la chaufferie de l’université de Lille qui exploite un mix énergétique. Pour illustrer les questions d’aménagement du territoire, ils se rendront à Loos-en-Gohelle (une région du nord de la France) où ils pourront observer la transition opérée dans le bassin minier. Ou encore sur l’analyse des flux de matières premières, ils découvriront l’équipe RealCat dédié à la catalyse, installé dans les locaux de l’établissement et où sont menées des recherches de pointe en matière de valorisation de la biomasse.

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Avec ce parcours, les élèves abordent les grands enjeux du développement durable avec une vue d’ensemble, tout en étant confrontés à la complexité des situations et aux limites des solutions existantes. Pensé dans une optique professionnelle, par rapport aux opportunités en sortie d’études et aux attentes des entreprises, le parcours “Développement durable” leur apporte à la fois les compétences scientifiques et techniques requises pour ces sujets et une capacité de mise en perspective d’un point de vue efficacité économique, équité sociale et qualité environnementale. Les connaissances et compétences acquises dans ce parcours thématique dispensé en 5ème année permettent  aux diplômés d’accompagner, d’un point de vue impact environnemental, les entreprises dans leur transformation.

Le double diplôme SKEMA Business School avec Centrale Lille

Les élèves de l’ITEEM ont la possibilité d’intégrer pour deux ans le programme Grande École de

SKEMA afin de développer leurs connaissances, y compris sur ses campus internationaux en

Chine, aux Etats-Unis et au Brésil. Ils pourront ainsi bénéficier des parcours de spécialisations

proposés par SKEMA en Finance Marketing, Management et Business & Stratégie, afin d’approfondir encore plus leurs connaissances dans ces domaines. Notez qu’entre la 3ème et 4ème année du cursus, une expérience en entreprise à l’international est au programme pour une durée de huit mois. L’objectif ? Se confronter à une culture différente, se forger une expérience valorisante en participant à la réalisation d’un projet, au même titre que les autres collaborateurs de l’entreprise qui les accueille. En matière d’expérience à l’international, et pour un séjour à l’étranger, si vous souhaitez étudier au Canada, alors sachez que l’université de Montréal possède une offre de formation des plus intéressantes. Il existe notamment un parcours en Biogéochimie environnementale, il s’agit de l’étude des interactions entre les organismes vivants et les matériaux de la surface de la Terre. La biogéochimie environnementale se situe à l’interface de plusieurs disciplines : Biologie, géologie, géographie, chimie, toxicologie, etc.

Qu’est-ce que le Développement durable au juste ?

Le développement durable est issu de l’écologie. Il est fondé sur trois piliers, trois composantes interdépendantes :

La dimension environnementale : elle consiste à préserver, améliorer et valoriser l’environnement et les ressources naturelles sur le long terme, en maintenant les grands équilibres écologiques, en réduisant les risques et en prévenant les impacts environnementaux. En clair, cela signifie qu’il faut protéger la biodiversité, c’est-à-dire maintenir la variété des espèces animales et végétales pour préserver les écosystèmes, cela passe par plusieurs actions concrètes :

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Epargner des espèces menacées ou en voie de disparition ; intégrer les variétés anciennes ou rares, éviter les produits OGM, favoriser les produits issus de l’agriculture biologique, biodynamique et raisonnée.

La dimension sociale : il s’agit de satisfaire les besoins humains et répondre à un objectif d’équité sociale, en favorisant la participation de tous les groupes sociaux sur les questions de santé, logement, consommation, éducation, emploi, culture.

La dimension économique : elle consiste à développer la croissance et l’efficacité économique, à travers des modes de production et de consommation durables. Les enjeux d’une économie responsable sont nombreux et importants. Parmi les exemples les plus parlants, on retrouve : Développer des pratiques commerciales innovantes et éthiques pour mieux répartir les bénéfices et les richesses. Le commerce équitable, le microcrédit, le micro-don. Il s’agit aussi de répartir les richesses et les bénéfices de façon plus juste, intégrer le coût social et environnemental dans le prix des produits, ou encore chercher à développer le tissu économique local.