Le classement PISA 2019 vient de paraître. Ce Programme International de Suivi des Acquis, mené par l’OCDE, permet d’évaluer le niveau des élèves de 15 ans à travers des dizaines de pays à travers le monde, 79 précisément. L’enseignement marocain fait partie des derniers de la liste.

Le classement PISA, ce sont 79 pays évalués

Le classement PISA, Programme international pour le suivi des acquis des élèves, est une enquête menée par l’OCDE, Organisation de Coopération et de Développement Economiques. Cette étude concerne 79 pays et porte sur l’évaluation du système éducatif de chacun d’entre eux. Des tests sont réalisés sur des élèves de 15 ans ; ils concernent les compétences de base : compréhension de l’écrit, écriture, capacité de réflexion, logique, savoirs scientifiques et savoir-faire. Le PISA évalue les compétences de 600 000 élèves de 15 ans sur trois domaines : compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique. Résultat : le Maroc est classé 75ème sur une liste de 79 pays. Il fait office de mauvais élève des pays de la région MENA. En queue du classement, il ne laisse derrière lui que les Philippines, la République dominicaine, le Liban et le Kosovo. Les élèves marocains sont encore loin de la moyenne de l’OCDE. Ils n’obtiennent que 359 points contre une moyenne de 487 dans les pays de l’OCDE. En mathématiques et sciences, leurs scores s’établissent respectivement à 368 et 377 points, contre des moyennes de 489. L’écart est très grand avec la majorité des autres pays de l’OCDE. Quant à la France, elle est classée 23e sur les 79 pays évalués, elle stagne puisque c’est une place comparable au dernier classement datant de 2016 (le classement PISA se fait tous les 3 ans). Quant au premier pays de ce classement, il s’agit de la Chine, suivie de Singapour, Macao et Hong Kong pour les 4 premières places. Ils sont suivis de l’Estonie, du Canada et de la Finlande, un pays de la Scandinavie qui fait référence en matière d’innovation pédagogique.

Savoirs et savoir-faire des élèves selon PISA

1ère compétence de base testée : la compréhension de l’écrit. Il s’agit d’être capable de comprendre l’écrit une large gamme d’activités humaines, qu’il s’agisse d’un manuel de travail, de consignes ou encore dans un cadre de la communication. PISA a pris en considération le progrès technologique. Les innovations numériques ont modifié la façon dont les jeunes lisent et échangent des informations, que ce soit dans le cadre familial, scolaire ou professionnel. L’informatique a créé et rendu accessibles de nouvelles formes d’écrit : textos, résultats de moteurs de recherche, sites Web constitués de nombreuses pages référencées. Tout cela modifie les pratiques de lecture des jeunes.  En réponse à cette évolution, les systèmes d’éducation intègrent de plus en plus la compréhension de l’écrit électronique dans leurs programmes de cours. La compréhension de l’écrit était le domaine majeur d’évaluation de l’enquête PISA 2019. Les épreuves de compréhension de l’écrit 2019 ont été administrées sur ordinateur dans la plupart des 79 pays ayant participé à l’évaluation. Ces épreuves étaient constituées de nouveaux formats de textes et d’items grâce à leur informatisation. Elles ont été conçues et pensées pour évaluer le niveau de compétence en compréhension de l’écrit électronique. En moyenne, 77 % des élèves sont capables d’identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne, de trouver des informations pertinentes et de réfléchir au fond et à la forme d’un texte proposé.

Plus de 85 % des élèves ont au moins atteint ce niveau en Chine, au Canada, en Estonie, en Finlande, à Hong Kong (Chine), en Irlande, à Macao (Chine), en Pologne et à Singapour. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 8.7 % des élèves sont très performants en compréhension de l’écrit. Les élèves de ces niveaux parviennent à comprendre de longs textes, à manipuler avec aisance des concepts abstraits et complexes ainsi qu’à faire la distinction entre des faits et des opinions sur la base d’indices implicites relatifs à des informations. Plus de 10 % des élèves de 15 ans sont très performants dans la compréhension de l’écrit, ceci dans 20 systèmes d’éducation, dont 15 pays de l’OCDE.

Qu’en est-il des mathématiques et des sciences ?

En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 76 % des élèves sont capables d’interpréter et de reconnaître la façon dont une situation simple et concrète peut être traduite en représentation mathématique (par exemple, quand il faut comparer la longueur de deux trajectoires différentes ou convertir des prix dans une autre devise). Cependant, plus de 50 % des élèves se situent sous ce niveau de compétence dans 24 pays, dont le Maroc. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la performance moyenne en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences est restée stable entre 2015 et 2018. Des différences sensibles s’observent dans la façon dont la performance de certains pays a évolué entre 2015 et 2018. Par exemple, la performance moyenne en mathématiques s’est améliorée dans 13 pays : l’Albanie, l’Islande, la Jordanie, la Lettonie, Macao (Chine), le Monténégro, le Pérou, la Pologne, le Qatar, la République de Macédoine du Nord, la Slovaquie, l’Angleterre et la Turquie. Elle a en revanche diminué dans 3 pays et économies (Malte, la Roumanie et Taipei). Enfin, cette performance est restée stable dans les 47 autres pays participants. En moyenne dans les pays de l’OCDE, environ un élève de 15 ans sur quatre n’a pas atteint le niveau minimum en compréhension de l’écrit ou en mathématiques. Ces chiffres montrent qu’il reste, dans tous les pays, encore du chemin à faire pour atteindre, à l’horizon 2030 les objectifs mondiaux relatifs à un enseignement de qualité, tels qu’ils sont définis dans les Objectifs de développement durable relatif à l’éducation des Nations Unies. A titre d’exemple, le pourcentage d’élèves de 15 ans qui ont au moins atteint le niveau minimum en mathématiques change énormément entre les pays en tête du classement PISA et les autres : entre 98 % d’élèves qui ont ce niveau dans les pays en tête du classement (Chine, Canada) et 2 % à peine qui atteignent ce niveau minimal pour des pays africains comme la Zambie par exemple. Les écarts sont donc encore grands en matière d’enseignement.