On distingue communément les hard skills, ou compétences techniques, des soft skills, les qualités comportementales, ou encore savoir-être. Or, une enquête révèle que ces dernières prennent de plus en plus d’importance auprès des recruteurs. Si vous êtes étudiant, ceci vous intéressera.

Chez les recruteurs, le diplôme ne suffit plus

Vous êtes diplômé d’une école de commerce ou d’ingénieur ? Vous souhaitez intégrer le marché de l’emploi ? Si vous souhaitez réussir votre insertion professionnelle, sachez que les compétences techniques ou hard skills ne sont pas les seuls critères d’embauche. En effet, les compétences comportementales ou soft skills prennent de plus en plus d’importance au près des recruteurs. C’est ce que révèle une enquête 2019 conjointe des cabinets de recrutement cadremploi et michaelpage. On y apprend des choses intéressantes sur l’évolution des attentes des employeurs. Tout d’abord, il ne faut pas confondre soft skills et traits de personnalité. La différence, c’est que les traits de personnalité sont figés et innés en quelque sorte. Tandis que les soft skills se travaillent. Utiliser le mot « personnalité » pour parler des soft skills prête à confusion. Savoir communiquer, avoir du leadership, ce n’est pas inné. Il ne faut pas perdre confiance si on n’a pas ces soft skills car ce sont des compétences qui se développent. Contrairement aux traits de personnalité qui restent figés dans le temps.

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Les soft skills, des qualités humaines souvent sous-exploitées

L’enquête menée en 2019 en France révèle que désormais il ne suffit plus de tout miser sur son diplôme pour réussir sa carrière professionnelle. 1er résultat de l’enquête : 70 % des cadres estiment que leurs employeurs sous-exploitent certaines de leurs qualités. Cela ne concerne pas, comme on pourrait le croire, uniquement les métiers du management. En effet, les métiers très techniques, comme ingénieur par exemple, doivent aussi travailler leurs soft skills. Les compétences comportementales, qui servent à bien travailler avec d’autres services, se révèlent essentielles. L’une des soft skills les plus appréciées  lors de l’enquête est la résolution de problèmes complexes. En d’autres termes, lorsque vous êtes confronté à une difficulté évitez de penser : « Je n’ai aucune idée de comment résoudre ceci ou cela. » La créativité, la logique, le bon sens et la tempérance sont les qualités clés à avoir pour pouvoir résoudre les problèmes qui surviendront. La capacité de jugement, l’intelligence émotionnelle, et la prise de décision sont également à développer pour la résolution des problèmes. L’autre compétence comportementale, c’est l’esprit d’équipe. Savoir travailler main dans la main avec l’ensemble des services concourt à la performance de l’entreprise.
Bref, la capacité à échanger et à partager est essentielle. Elle complète les compétences techniques très poussées que vous pouvez avoir, mais qui sont difficilement accessible aux autres collaborateurs qui n’ont pas forcément vos connaissances scientifiques. Si vous possédez seul des compétences techniques et que vous ne les partagez pas avec les autres, les performances de l’entreprises s’en trouvent amoindries. Bref, pour avancer et faire progresser les performances, on ne peut pas le faire seul. Cela est vrai même pour des secteurs d’activité pointus comme pour un développeur Web par exemple. En effet, celui-ci ne travaille plus seul, en solo. Il est obligé d’expliquer ce qu’il fait avec des mots simples aux autres équipes. D’ailleurs, les développeurs eux-mêmes recherchent les entreprises qui vont leur permettre de développer ce type de soft skills. Il faut les former, les aider, les développer sur la partie comportementale des compétences. C’est d’ailleurs l’autre enseignement de l’enquête : 7 cadres sur 10 estiment que leurs collègues les ont aidés à identifier leurs soft skills ainsi que leur entourage proche (63%). Ils ne sont plus que 57% à penser que leur manager tout seul a joué un rôle dans cette prise de conscience.

Les soft skills, la valeur ajoutée indéniable des compétences techniques

Le feedback des collègues est essentiel pour appréhender les soft skills les plus visibles : la capacité à gérer son stress, son temps, la confiance en soi par exemple. En revanche, d’autres capacités sont plus difficiles à appréhender tant qu’il n’y  a pas eu de mise en situation. C’est le cas pour la prise de recul (savoir prendre une distance avec un événement ou un problème, le globaliser en quelque sorte) ou la résolution de problèmes complexes par exemple. Par ailleurs, les soft skills que les salariés pensent avoir ne sont pas celles qu’ils recherchent chez leurs collaborateurs. L’écoute (62%), l’autonomie (58%), l’esprit d’équipe (58%), l’adaptation (55%) et la capacité à trouver des solutions (33%) sont les 5 principales qualités que les cadres sondés pensent avoir.  Mais quand ils recrutent, ils recherchent chez leurs futurs collaborateurs, en plus de ces qualités, la fiabilité (46%) et la motivation (43%).

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La capacité à se concentrer, une qualité transversale

Si l’intelligence artificielle prend de plus d’importance dans le monde du travail, notamment avec l’automatisation des tâches simples, il n’en demeure pas moins que les fonctions les plus complexes restent à la charge de l’être humaine, surtout avec le développement du digital. Donc la charge cognitive et émotionnelle va être de plus en plus forte. Savoir libérer de l’espace mental devient vital et savoir se concentrer est un préalable.

Comment les recruteurs repèrent-ils les soft skills sur le CV ?

D’abord, sur le CV, les candidats ont pris l’habitude d’énumérer leur soft skills avec des systèmes de notation avec des étoiles. Puis les recruteurs recherchent les engagements annexes dans des associations, des centres d’intérêt, la participation à des événements (course, humanitaire). Et dans le cadre de l’entretien, les recruteurs observent les interactions du candidat avec les autres professionnels présents à l’entretien,  avec le manager opérationnel, le Responsable des Ressources humaines puis les futurs collègues afin de l’observer en situation. Ensuite, vient la mise en avant des soft skills avec des exemples précis, des situations dans lesquelles le candidat a pu montrer tel type d’aptitude. Ces exemples sont utiles car ils montrent que l’on a acquis ces compétences et qu’elles sont transverses et transférables à d’autres domaines. Il faut donc se préparer avant l’entretien.

Faut-il travailler ses soft skills une à une ?

Pas forcément. Travailler la « méta cognition », qui désigne le fait de penser sur ses propres pensées, permet de mieux comprendre son propre fonctionnement. Cette « méta » compétences facilite les autres. Par exemple la capacité à se concentrer, à apprendre à apprendre, ou la créativité. Une fois qu’on a appris quels sont les piliers clés de son cerveau, c’est possible de monter en compétences sur plein d’autres domaines. Y compris avec ses collaborateurs.